maandag 18 februari 2013

Portrait d'un optimiste contagieux


Philippe Gabilliet est Docteur ès sciences de gestion, spécialiste du développement personnel et professeur de psychologie depuis quinze ans à l’ESCP Europe (Paris). Il a écrit   « Eloge de l’optimisme, ou comment les enthousiastes font bouger le monde » et « Eloge de la chance, ou l’art de prendre sa vie en main. ». Il est aussi vice-président de la Ligue des Optimistes de France.

Son pas est rapide.  Résolu. A première vue,  Philippe Gabilliet est un homme pressé, très sollicité. «  C’est vrai que je peux être  parfois speed, mais je ne suis  plus stressé - dit- il alors que nous nous installons dans son bureau très ordonné - parce que désormais je ne fais que ce qui me plait. » Le professeur bénéficie d’une année sabbatique et a redéfini les contours de ses responsabilités.  Exit les charges de management. Il se consacre exclusivement à ce qui lui tient à cœur : comprendre comment les individus peuvent agir sur eux-mêmes, prendre leur vie en main. D’où son état d’esprit du moment : « Je suis serein, j’ai l’impression d’être  à ma place, je suis en énergie. » Et c’est dans cette énergie qu’il donne des conférences sur l’optimisme et la chance, dont il fait l’éloge dans ses deux derniers livres. Un homme pressé mais qui sait se poser et imprimer des changements de rythme. L’entretien est tout en concentration et en présence véritable, soulignées par une voix assurée et un regard qui ne se dérobe jamais.

Le héraut de l’optimisme en France serait-il tombé dedans quand il était petit ? Philippe Gabilliet dit avoir été un enfant très aimé et particulièrement par une grand-mère qui lui vouait une indéfectible admiration.  En avance sur son âge parce qu’il a appris à lire très tôt, il est le plus petit de ses camarades. Affublé de lunettes épaisses, pas sportif pour deux sous, c’est le prototype de premier de la classe. Du genre qui se fait moquer souvent. Un premier de la classe qui cache pourtant bien son jeu. Philippe Gabilliet ne sait pas compter. « Je suis un analphabète des chiffres, je ne les comprends pas… j’ai une case en moins.» avoue-t-il sans ambages. Dommage pour celui qui rêvait d’être médecin. Une porte se ferme sur cette aspiration. Qu’importe, si les chiffres lui résistent, il se tournera vers la parole et apprendra, parfois en quelques semaines, plusieurs langues étrangères. Après le bac, il voudra être acteur, préparera son dossier pour le cours Florent avec le soutien de sa mère, mais c’est son père qui posera un veto. Trop risqué, pas aligné avec le statut social de la famille. Philippe Gabilliet entre alors à Science Po Bordeaux. Si son itinéraire professionnel emprunte quelques détours, la passion de Gabilliet pour la matière humaine reste son fil d’Ariane. Il dit ne rien regretter  de sa trajectoire aux ambitions contrariées. « Tout ce que j’ai fait m’a servi. » insiste-t-il avec un geste qui englobe.

2010, Philippe Gabilliet rencontre Luc Simonet, le fondateur de la Ligue des Optimistes de Belgique et de l’Internationale des Optimistes et appréhende alors l’optimisme en tant que concept. Il comprend qu’il s’agit non seulement d’un trait de caractère -dont il reconnait être généreusement doté- mais aussi potentiellement d’une démarche intellectuelle, voire une posture sociale.
2010, c’est l’année où la Ligue des Optimistes voit le jour en France, présidée par France Roque. Gabilliet en devient le vice-président et entame la rédaction d’un livre de commande : « Eloge de l’Optimisme ». L’auteur saisit l’opportunité pour s’emparer du sujet sous de multiples  dimensions et devenir son plus médiatique porte-voix en France. « Au-delà de l’idée philosophique, souligne-t-il, il existe bien une méthodologie et une métrologie de l’optimisme. » Gabilliet ouvre un champ des possibles pour tous ceux que l’optimisme démange et fourbit  ses arguments pour tous ceux que la posture dérange.  « Le risque majeur, prévient-il, c’est que l’optimisme soit confondu avec sa caricature, version naïve ou béate ». D’où la nécessité, selon lui, d’articuler habilement l’optimisme et le pessimisme comme deux forces aussi contraires que complémentaires.
Prendre sa vie en main, disposer d’un sentiment de contrôle, agir sur soi et sur ce qui est autour de soi, c’est le credo de Gabilliet. La force de la volonté comme moteur essentiel ? « Oui mais attention, prévient-il, la volonté en tant que focalisation de l’imagination dans une direction donnée. » Le professeur est convaincu de l’importance du concept d’efficacité personnelle et d’auto transformation, notions développées par le psychologue américain Albert Bandura, dans sa théorie sociocognitive, que Gabilliet cite amplement.

Il aimerait que l’on retienne de lui qu’il a « porté chance ». Avoir été de ceux qui, en parlant au cœur et à la conscience des hommes, leur donnent à voir les opportunités qui les entourent et qu’ils ne soupçonnaient peut-être pas. Avoir donné un coup de pouce pour activer le pouvoir que chacun d’entre nous peut avoir sur lui-même et sur sa vie. Une autre façon de soigner, une autre façon d’être acteur. Et de fait, il crée le buzz sur Internet autour de ses discours, cartonne devant une assemblée de personnes handicapées et fait salle comble à chaque conférence, du salon Zen aux séminaires d’entreprises en quête de sens.  « Dans le contexte professionnel, modère-t-il, l’enthousiasme ne s’exprime pas facilement en public.» C’est à postériori qu’arrivent les mails de remerciements. Comme si il fallait encore se cacher pour conjuguer optimisme et vie en entreprise. «  Pourtant, insiste Philippe Gabilliet, c’est un angle d’attaque incontournable. Et particulièrement en période d’incertitude, parce-que c’est la seule posture qui peut insuffler de l’énergie à ceux qui nous entourent !» A bon entendeur…


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Posté par Christine Cayré B&O France 

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